Luca BADOER
...
Nation : Italy
Born the 25 january 1971 - Montebelluna (Vénétie) - 43 years
First Grand Prix :
South Africa 1993
Last Grand Prix :
Belgium 2009
Best result :
7th
Best grid place :
12th
Best ranked in the World Championship : 25th in  2009
1993
nc
1995
nc
1996
nc
1999
nc
2009
25
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
1
12
1
13
14
1
15
3
16
2
17
5
18
8
19
7
20
10
21
5
22
23
2
24
4
25
3
26
27
28
29
30
31
32
33
34
Rank on starting grid
1
2
3
4
5
6
1
7
3
8
1
9
6
10
2
11
1
12
3
13
5
14
2
15
16
1
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31
32
33
34
Rank on finish line

Mine de rien, Luca, comme son ancien chef de file chez Ferrari, Michael Schumacher, accumule les records. Malheureusement, aucun ne concerne les GP. Enfin si, un, mais pas le plus glorieux, celui du plus grand nombre de Grand Prix disputés sans le moindre point...

L'autre ? Celui du plus grand nombre de kilomètres couverts... en essais privés...Pilote de seconde zone dans les années 1990, il connaît à 38 ans la joie de piloter enfin une Ferrari en course, mais cette expérience est si mauvaise qu'elle précipite la fin de sa carrière.

 

Né le 25 janvier 1971 à Montebelluna, Luca débute par le karting et il obtient 3 titres de champion d'Italie entre 1986 et 1988. Il passe alors en F3 et devient champion national en 1990 et 1991.

En 1992, Luca part en F3000 au sein de l'équipe Crypton Engineering et s'impose tout de suite comme l'un des cadors de la discipline. Il s'impose à Enna-Pergusa, à Hockenheim, au Nürburgring et à Nogaro, éclipse son équipier Michael Bartels. Finalement, il remporte le titre devant son compatriote Andrea Montermini. Il apparaît alors comme un futur grand et c'est tout naturellement qu'il vise l'étage supérieur: la F1.

 

C'est ainsi que Luca Badoer fait ses grands débuts dans la catégorie reine en 1993 au volant d'une Lola à moteur Ferrari de l'écurie Scuderia Italia. Il fait équipe avec l'expérimenté Michele Alboreto, qu'il dominera d'ailleurs souvent dans la saison. Mais la voiture est désespérément lente et poussive. Luca doit se contenter le plus souvent des derniers rangs sur la grille. Il arrivera malgré tout à arracher une superbe septième place à Imola, pour son troisième GP seulement.

Après le GP du Portugal, l'équipe met la clef sous la porte et Luca se retrouve au chômage. Il est cependant convoité par quelques équipes. Ainsi, Benetton souhaite l'engager pour 1994 aux côtés de Michael Schumacher et lui propose un test au cours de l'hiver. Hélas, le jeune Italien va démolir sa monoplace au cours de cette séance et c'est JJ Lehto qui sera choisi.

Il doit se contenter pour cette saison-là d'un poste d'essayeur chez Minardi, qui a fusionné avec son ancienne équipe la Scuderia Italia.

 

En 1995, il obtient le volant de titulaire chez Minardi, aux côtés de l'expérimenté Pierluigi Martini. Hélas, au volant d'une monoplace très lente quoique relativement fiable, Luca va être dominé par ce dernier pendant une bonne partie de l'année. A la fin de la saison, il se voit adjoindre le jeune Portugais Pedro Lamy, qui aura le suprême honneur de marquer le seul point du team de cette saison. Luca est quant à lui prié de plier bagages après la dernière course...Il n'a pu faire mieux que deux huitièmes places, à Montréal et à Budapest.

Beaucoup d'observateurs considèrent alors que le chant du cygne a sonné pour lui, mais il persiste et signe pour 1996 avec la peu florissante écurie Forti, au bord du gouffre financier dès le début de la saison. Il va évidemment connaître un championnat pénible, ponctué des non-qualifications et d'abandons. Il ne voit l'arrivée qu'à une seule reprise, au GP de Saint Marin. Au GP d'Argentine, il connaît une grosse frayeur en étant envoyé en tonneaux par Diniz, sans gravité pour lui heureusement. Luca est contraint de mettre un terme à sa saison lorsque son écurie désargentée mettra la clef sous la porte après le GP de Grande-Bretagne.

 

Sans volant pour 1997, il s'essaie un temps aux voitures de tourismes et participe à quelques épreuves en FIA GT, sur une Lotus Elise du team GBF, sans grand succès puisqu'il n'inscrira pas un point. Minardi le convie également à quelques tests, mais il n'obtiendra pas de volant, devant s'incliner face à des pilotes payants comme Nakano ou Tuero.

C'est à ce moment là que Luca décide de devenir pilote essayeur à plein temps chez Ferrari plutôt que de collectionner les revers. Une place de choix, car Luca n'est pas étranger à la belle progression de Ferrari à partir de 1998.

 

Pourtant, il fera une réapparition en 1999 pour le compte de Minardi, mais l'équipe de Faenza n'a guère progressé en quatre ans, et Luca se retrouve à nouveau en fond de grille à lutter contre les Arrows. Il se montre cependant solide et ramène souvent la voiture à l'arrivée.

Lorsque Michael Schumacher est contraint d'écourter sa saison après son accident de Silverstone, Luca espère pouvoir hériter du baquet laissé vide par l'Allemand. Mais la Scuderia préfère faire appel à Mika Salo. Badoer encaisse la décision sans broncher, finissant la saison avec la « petite Scuderia ». Au Nürburgring, il tient le "coup" de sa carrière: une quatrième place en course à quelques tours de la fin d'un GP qui a tourné au carnage... Hélas, la transmission se brise et Luca perd toute chance de marquer un jour des points. L'image du malheureux Italien pleurant de déception sur sa voiture arrêtée sur le bas-côté est sans doute la plus touchante de cette saison 1999.

 

A la fin de l'année, il retrouve son poste d'essayeur chez Ferrari. Depuis, les chiffres parlent d'eux-mêmes: plus de 400 jours d'essais et 100 000 km parcourus en une dizaine d'années ! Lors des titres acquis par Ferrari entre 2000 et 2004, Luca a toujours été convié à la fête, toujours chaudement félicité par Todt, Schumacher ou Barrichello. Luca Badoer est l'homme qui permit à Schumi de « se concentrer à 100% sur son pilotage ».

Depuis 2007, Kimi Raïkkönen et Felipe Massa sont les titulaires chez Ferrari, et Badoer, à l'approche de la quarantaine, est toujours à son poste d'essayeur et semble indéboulonnable.

 

En 2009, la suppression des essais privés en cours de saison réduit considérablement son rôle. Mais le destin va le tirer de son inaction. Au GP de Hongrie Felipe Massa est victime d'un terrible accident qui le contraint à déclarer forfait pour plusieurs courses. Ferrari annonce dans un premier temps son remplacement par Michael Schumacher, sorti de sa retraite, mais le septuple champion du monde doit renoncer à faire son retour à cause de douleurs à la nuque. Du coup, c'est finalement Badoer qui est choisi pour disputer le GP d'Europe à Valence. Il effectue ainsi son retour en Grand Prix dix ans après sa dernière course, obtenant une revanche tardive sur le camouflet de 1999.

Hélas, le retour de Luca va tourner à la catastrophe. A Valence, sur un circuit et avec une voiture qu'il ne connaît pas (du fait de la suppression des essais privés) l'Italien se traîne lamentablement en fond de peloton. Il se qualifie bon dernier, à trois secondes de son équipier Raïkkönen, à une seconde et demie de l'avant-dernier Alguersuari ! Il parvient à finir tant bien que mal à la dernière place et à un tour du vainqueur, après deux têtes-à-queue. Déjà la Scuderia s'active en coulisse pour lui trouver un remplaçant, mais en attendant Badoer dispute le GP de Belgique à Spa. Il tente de mieux se qualifier mais ne réussit qu'à taper le mur et part de nouveau dernier. Après une course anonyme qu'il finit encore une fois à la dernière place, il est remercié et remplacé par Fisichella.

 

Ainsi Luca Badoer a réalisé tardivement son rêve, piloter une Ferrari en Grand Prix, mais a aussi et surtout perdu dans cette aventure toute crédibilité. Fisichella devient en 2010 troisième pilote de Ferrari, ce qui est le début d'une mise au placard pour Luca.
Fin 2010, à bientôt 40 ans et après 130 000 km parcourus en quatorze ans d'essais, Badoer quitte Ferrari, étant devenu inutile après les arrivées comme pilotes de réserve de Fisichella et surtout du jeune Français Jules Bianchi.

Tony et Axlex